L'HISTOIRE DES NAVAJOS


Navahos: jeune fille avec coiffure traditionnelle et homme portant des turquoises
-1200 à -800 Av. J.-C. Les Dineh arrivent en Alaska en provenance d'Asie. Ils se divisent en quatre groupes majeurs : les Eyaks, les Haïdas, les Tinglits et les Athabascans. Il y a une forte probabilité d'une relation avec les langages sino-tibétains.
-200 à 200 Les Athabascans et les Tinglits se séparent en tribus distinctes.
De 825 à 1000 Suite à de violentes éruptions volcaniques qui causèrent des changements climatiques importants, une partie importante d'Athabascans émigra au sud du nord-ouest canadien, dans la région actuelle de Vancouver et de l'État de Washington.
De 1300 à 1500 Une seconde vague d'émigration se sépara du groupe principal au Canada, pour se diriger vers le Sud-ouest des États-Unis et le Nord du Mexique. Cette vague d'émigration est à l'origine du sous-groupe Apache (Jicarilla, Mescalero, Chiricahua, Lipan, Aravaipa, Kiowa-Apache et Navajo). ILS s'installèrent dans une région autrefois habitée par les Anasazi (Mot Navajo pour ancêtres). À cette époque la région était déjà habitée par les Comanches, les Utes, les Pueblos et les Paiutes.

Monument Valley
Les Navajos se déplacent en bandes, car ils n’ont pas de structure tribale, politique ou hiérarchique. Les clans vivent leur vie d’une manière indépendante, leur société est basée sur le matriarcat, la descendance et l’héritage sont reconnus en ligne maternelle. Cette structure sera un facteur très important de la non-compréhension entre les blancs et les Navajos. Les blancs pensaient traiter ou passer un accord avec la nation alors que les autres clans ne se sentaient pas impliqués ou n’étaient tout simplement même pas au courant des faits. De nombreuses expéditions et guerres ont démarré sur la base de ce quiproquo.
En 1846, les Navajos conclurent un premier traité avec le gouvernement des États-Unis, mais des accrochages avec les troupes américaines entraînèrent des hostilités en 1849, et des combats répétés jusqu'en 1863, Cette année-là les Navajos sont assiégés dans le site naturel de Canyon de Chelly, leurs récoltes brûlées et leur bétail tué. Kit Carson dirige cette campagne d’hiver, 8000 prisonniers sont faits avec seulement 23 morts, et là les Navajos vivent l'une des premières déportations de l’histoire. Cette histoire est connue sous le nom de “la longue marche”. Seulement un quart des Navajos survivra à cette marche. Pendant 6 ans, ils vivront à l’est du Nouveau Mexique dans des conditions extrêmement difficiles. Famine et épidémies sont le lot quotidien, les autres tribus profitent de leur faiblesse pour les attaquer. Le bureau des affaires Indiennes (B.I.A) alerte de nombreuses fois le gouvernement, un nouveau traité est enfin signé en 1868 autorisant les survivants à rejoindre une réserve aménagée sur leur ancien territoire aux Four Corners, ce territoire sera agrandi de nombreuses fois par la suite.

The Mummy Cave à Canyon del Muerto, Canyon de Chelly
À la fin du XIXe siècle, les Navajos prospéraient, la population avait doublé, et des terres supplémentaires furent encore annexées à la réserve. Comme il s'agissait généralement de terres pauvres, en majeure partie, les étrangers firent peu de tentatives pour envahir la réserve. De sérieux problèmes d'érosion du sol et de pâturage intensif dus au développement considérable du cheptel poussèrent le gouvernement américain à imposer aux Navajos un plan de réduction du bétail. Les hommes durent quitter la réserve pour trouver du travail dans les villes et d’autres s’engagèrent dans l’armée.
Durant la seconde guerre mondiale, on fit appel aux Navajos afin d'utiliser leur langue, à laquelle on ajouta environ 200 nouveaux termes militaires, pour les transmissions. Du fait de la rareté et de la difficulté de cette langue (qui de plus n’avait à l’époque ni alphabet ni aucun symbole d’écriture), ils purent parler presque en clair à la radio pour déjouer tous les codes existants, les Japonais n’ont jamais trouvé de parade.
Cette page de l’histoire Navajo est restée dans l’ombre pour cause de secret- défense jusque dans les années 80. Les « Code Talkers » sont aujourd’hui reconnus comme une section militaire à part entière.
Le film avec Nicolas Cage retrace bien la dure réalité de cette charge « Windtalkers » est un film à voir.
Code Talkers inter tribal Gallup 2007
La maison traditionnelle Navajo est le Hogan. Circulaire et en forme de dôme. La porte du hogan est toujours tournée à l’Est (soleil levant), sa structure en bois de genévrier est recouverte de boue asséchée et de terre. Contrairement aux habitations en béton, elles ont comme principales qualités de rester fraîches en été (malgré les fortes températures extérieures) et chaudes en hiver. Les villages comportent aussi une ou plusieurs maisons de sudation, appelées « Sweat- loge ».

Hogan extérieur et intérieur avec femme Navaho
La spiritualité Navajo est fondée sur le culte de la nature, et de l'harmonie (hozho) qu'elle recèle.
La “Mère Nature” est aussi bien le sol que l’air, la faune ou la flore, elle englobe tout ce que la nature a fait ou offre. L’harmonie de la vie passe par le rapport entre l’homme et la “Mère Nature”. Pour pouvoir vivre dans des territoires de ce type, il faut trouver un équilibre entre ce que l’on prélève et ce qu’on laisse dans l’environnement. Cette loi dictée par le bon sens est la base de la spiritualité et de la religion Navajo. La relation entre l’humain et la nature qui l'entoure, l’équilibre et le respect sont les maîtres mots. C’est aussi une forme de respect et de vénération envers les ancêtres qui sont enterrés dans ce sol. Les cérémonies et fêtes traditionnelles sont fréquentes et l’occasion de transmettre les us et coutumes aux générations futures, elles permettent aux familles de se regrouper et de conserver un contact étroit.

Cactus en fleurs et squirrel en balade
Les Dieux sont régulièrement invoqués: des offrandes leurs sont faites, et des danses cérémonielles sont exécutées dans lesquelles ils sont représentés par des hommes peints et masqués. De nombreuses cérémonies, désignées sous le terme de « Voie » en français, pouvant s'étaler sur plusieurs jours et nuits, ont pour vocation de permettre de rendre l'harmonie à un être humain avec le monde qui l'entoure. La voie de l’Ennemi, la voie de la Bénédiction, la voie de la Montagne, et beaucoup d'autres, ont chacune vocation à être conduite par un 'hataali' (littéralement « Chanteur », incorrectement traduit par « shaman ») en fonction de la circonstance qui a amené le « malade » à perdre l'harmonie (mort proche, malaises, maladies, violation d'un tabou, etc...).

Navaho lors de l'inter-tribal Gallup 2007
Il existe également une vaste mythologie décrivant l'origine des êtres humains par le dieu Coyote créateur du Premier Homme et de la Première Femme à partir d'épis de maïs.

Coyote rencontré au détour d'un chemin
Le chiffre 4 revêt une importance presque divine dans la spiritualité Navajo La tradition Navajo veut que quel que soit l’endroit où l’on se trouve, on doit voir l'une des 4 montagnes sacrées que sont la Montagne Bleue (San Francisco Peak) au SO, la Montagne Turquoise (Mont Taylor) au SE, la Montagne Blanche (Blanca Peak) au NE et Navajo Mountain au NO. Le territoire Navajo est en fait délimité par ces 4 montagnes sacrées Ces montagnes sont aussi les 4 points cardinaux et les 4 éléments de base: l’eau, le feu, le vent et la terre. Ils sont souvent associés à une couleur.

Roue médecine trouvée sur le fronton d'une maison
Leur Art est lié à cette spiritualité : il s'exprime à travers des représentations visuelles multiples comme dans les couvertures aux motifs géométriques et aux teintes vives ou dans les bijoux ou encore dans les peintures sur sable éphémères à destination thérapeutique, mais aussi dans des dessins colorés sur ardoises destinés aux touristes. Les chansons, les incantations et les prières font aussi partie de rituels spirituels complexes en même temps qu'elles constituent des créations propres à ce peuple.

Tableau de sable réalisé lors d'une expo

L’économie Navajo est basée sur le tourisme, l’exploitation des richesses naturelles, l’artisanat et l’élevage.
Tourisme
Mise en place de sociétés d'excursions (visites guidées, randonnées à pied ou à cheval, 4x4), exploitation de restaurants, d'hôtels et de bed & breakfast (notamment d'hogan), autour de site célèbre tel que canyon de Chelly ou Monument valley où Hollywoody amena John Ford en 1938. À partir de ce jour, la notoriété et le mythe de Monument Valley ne cessèrent de croître. Aujourd’hui, on ne compte plus les films et les publicités qui ont été tournés sur place. Citons tout de même, en dehors de tous les John Ford, “Il était une fois dans l’Ouest”, “Retour vers le futur”, “Vertical limit” et enfin “Windtalkers”
Richesse naturelles
Territoire de 70 000 km2 (à peu près la Belgique), très riche malgré les apparences, or, argent, bauxite, uranium, charbon, gaz naturel et pétrole en quantités importantes.
Elevage et artisanat
Les Navajos élèvent en majorité des moutons Churro, moutons importés, il s'agit d'une race très résistante aux conditions climatiques et de vie difficiles, d’une grande fécondité, sa laine est dense et abondante, et sa viande est maigre. La laine est utilisée pour la fabrication de tapis, les couleurs provenant de colorants naturels du sol et de la flore locale. Malheureusement un vrai tapis est inabordable (pour 1000$ (700 €), vous n’aurez pas une grande surface). Une autre facette de l’artisanat est la bijouterie : les navajos ont appris cet art des Espagnols et sont passés maîtres dans ce domaine. Leurs bijoux sont majoritairement à base d’argent et de turquoise: ils étaient aussi un moyen pour le Navajo de pouvoir se déplacer en surveillant sa fortune. En effet, en cas de besoin, il pouvait en vendre ou en mettre en gage. La vannerie et la poterie complètent ce volet.

Tissage Navaho et collier argent et turquoise

Cette Nation est la plus importante des États-Unis, environ 250 000 personnes.
Territoire de 70 000 km2 (à peu près la Belgique) Situé au carrefour de l’Utah, du Nevada, de l’Arizona et du Nouveau Mexique (Four Corners). Les Navajos se nomment entre eux les ”dineh” (les êtres humains) leur terre est “dinehtha” (pays des dineh).
Depuis peu, le Navajo est écrit et les enfants utilisent le Navajo à l’école.
Dans le passé, cette langue n’était que parlée, il a donc fallu lui inventer une orthographe, c'est ainsi que la génération des 40 ans ne sait pas lire sa propre langue.
La nation Navajo a son propre président et gouvernement, élus pour 4 ans. La police, la justice, l’enseignement scolaire et universitaire, tout est Navajo.
Le statut de réserve du territoire où la plupart vivent rend le maintien de l'ordre particulier : contrairement au système américain des comtés élisant des sheriffs, sur toute la réserve, c'est la Police Tribale Navajo qui est chargée des infractions et délits, tandis que les crimes sont du ressort du gouvernement fédéral, via le FBI.
Ils peuvent édicter leurs propres lois, à la seule condition qu’elles soient conformes à la constitution Américaine.
Les Navajos sont Américains, même s’ils se sentent profondément Navajos. Si une grande partie de la nation vit dans la réserve, beaucoup ont choisi de vivre dans une ville ou à l’extérieur. Avocats, médecins quelle que profession que soit, ils vivent comme n’importe quel autre Américain.
Leur "capitale" est Window Rock, la fête de la nation navajo a lieu pendant 5 jours à partir du premier week-end de septembre. Pendant cinq jours, tradition et modernisme se mêlent dans un cocktail de danses, de chants, de parades et de rodéos.

Window Rock et policeman Navaho
(Source : wikipedia et Guide des Tribus Indiennes d’Amérique par Arnold Marquis)